Trois ouvrages recommandés par la Libre Pensée

Trois ouvrages recommandés par la Libre Pensée

Petite Histoire de la Première Internationale (AIT)

Cinq militants de la Fédération nationale de la Libre Pensée, combattants de l’Emancipation humaine, sous diverses déterminations, ont jeté leurs regards croisés sur ce qui fut une des pages fondatrices de l’histoire du mouvement ouvrier et démocratique : L’Association Internationale des Travailleurs, la Première Internationale, fondée en 1864 et naturellement chère au cœur de tous les militants, abonnés et lecteurs d’Informations Ouvrières qui ont fait leur la devise en une de ce journal depuis plus de 60 ans maintenant : «L’Emancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes».

Disons-le d’emblée, cet ouvrage de 111 pages publié par les éditions Théo Lib, est le bienvenu. Salutaire à plus d’un titre, il participe des enseignements de notre propre histoire, nécessaires à la compréhension commune des événements et des taches dans la situation complexe que nous vivons.

Si la Première Internationale regroupe naturellement, et au fil du temps et par période, l’ensemble des révolutionnaires à travers le monde, ce n’est jamais quasiment en même temps. Les socialistes, les marxistes, les blanquistes, les anarchistes (collectivistes et individualistes), les utopistes s’y côtoient, s’ignorent, s’unissent, se séparent. Au fil du temps et des problèmes.

Loin des stéréotypes, des formules doctrinaires toutes faites, ressassées et souvent ânonnées – au sens premier du terme, Christian Eyschen, Michel Godicheau, Dominique Goussot, Pierre-Yves Ruff et Jean-Marc Schiappa traitent et analysent Karl Marx, Michel Bakounine, la Franc-Maçonnerie, la Libre Pensée, les syndicats ouvriers, les Protestants libéraux à l’aune de leurs rencontres avec l’Association internationale des Travailleurs.

Préfacier, Michel Godicheau rappelle, si besoin en était, que « l’Internationale n’est ni fille d’une secte ni d’une théorie», mais bien, et plus que jamais en ces temps de décadence de l’impérialisme, «une nécessité ».

L’AIT va regrouper l’ensemble, dans le temps, des composantes du mouvement ouvrier ce qui fut possible, car il était en voie de constitution. Mais il y a une telle  perspective que Garibaldi appela l’AIT : « Le soleil de l’avenir ». C’est le cadre même des trois études portant sur les Libres Penseurs, les Francs-maçons et les protestants libéraux.

Sur la Libre Pensée, Jean-Marc Schiappa, Président de l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée (IRELP), revient sur le lien quasi- organique des Libres Penseurs avec l’Internationale et en profite pour tordre le cou à cette vieille antienne cléricale : «la religion est une affaire privée». Combattue en son temps par Engels, puis Lénine et qui est la sainte mère de la politique «de la main tendue», chère à Maurice Thorez, du «compromis historique» italien ou du pacte scolaire belge. Que cette formule mortifère ait survécu de nos jours, de «l’extrême-gauche» jusqu’à fort loin à droite, indique bien que le coffre-fort a toujours besoin du goupillon et du sabre pour asseoir  son «talon de fer» contre la classe ouvrière.

L’article de notre ami Pierre-Yves Ruff, penseur libre, rétablit dans toute sa complexité l’apport indéniable des partisans et héritiers de la Réforme à maints combats émancipateurs, notamment celui, sans cesse remis en cause, de la Séparation des Eglises et de l’Etat, conquête s’il en est de la démocratie politique.

Poursuivant le chantier à ciel ouvert, après sa remarquable étude parue en 2015, «Révolutionnaires et libres penseurs sous l’Equerre et le Compas» déjà publiée par Theolib, notre camarade Dominique Goussot aborde de plein front la question des rapports entre l’Internationale et la Franc-Maçonnerie.

S’il rappelle que «Les instances officielles de la Franc-maçonnerie siégeant tant à Londres qu’à Paris ne prennent aucune part dans la fondation de l’AIT. Celle-ci procède uniquement de l’initiative de militants ouvriers qui répondent, consciemment ou non, à l’appel final du Manifeste du Parti communiste de 1848 (…)», il relève fort à propos que : «Des Francs-maçons prennent donc d’emblée d’importantes responsabilités dans les instances de l’internationale naissante. Dès septembre 1864, dans le sillage de Le Lubez, cinq frères au moins entrent au Conseil général de l’AIT : Bordage, Lardaux, Niemers, Vasbenter et Leroux. Ce dernier, ouvrier typographe, a fréquenté la Charbonnerie dans les années 1820, avant de devenir député démocrate-socialiste de Paris en 1848 et membre de la loge Les Philadelphes où se réfugient des proscrits et travaille le républicain anglais libre penseur, Charles Bradlaugh

Il revenait à Christian Eyschen de travailler sur les Congrès et débats de l’Internationale, leurs enseignements et trajectoires. Il revient de manière simple, mais détaillée sur l’origine des désaccords entre bien des bâtisseurs de l’AIT à commencer par Marx et Bakounine.

Nous ne résistons pas au plaisir de le citer concernant le «marxiste» officiel Jules Guesde. «Guesde sera un des membres, parfois délégué de la Fédération Jurassienne, machine de guerre bakouniniste contre Marx. Longtemps après, il donnera des leçons de marxisme à tout le monde et «ne descendra jamais de son automobile militaire» pendant l’Union sacrée et la boucherie impérialiste, selon l’expression de Léon Trotsky».

Avec bonheur, Christian Eyschen termine ses travaux en rappelant la mémoire du militant ouvrier Gérard Bloch, dirigeant de la IVème Internationale et membre de la Libre Pensée : «Contre la bêtise, disait Gœthe, les dieux immortels eux-mêmes luttent en vain. Que la bêtise est puissante, quand elle a des racines sociales notait TrotskySavoir, Comprendre, Agir. La Première Internationale a beaucoup de choses à nous apporter sans aucun doute. La lecture de ce livre peut largement y contribuer.

Philippe Besson

 «Petite Histoire de la Première Internationale (AIT).

A la rencontre de Karl Marx et Michel Bakounine »

par Christian Eyschen, Michel Godicheau, Dominique Goussot, Pierre-Yves Ruff et Jean-Marc Schiappa. Editions Théolib, collection Résistances

A commander à :

Librairie de la Libre Pensée : marina.librairielp@wanadoo.fr

Ou : 10/12 rue des Fossés-saint-Jacques 75005 Paris

Prix : 15€ l’unité + 3e de frais de port, soit 18€ par voie postale ou 15€ directement à la librairie.

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Les Martyrs de la Libre Pensée

Voici un ouvrage qui pourra faire l’objet d’un cadeau de qualité pour vos proches et amis. Il comporte une biographie étoffée de plus d’une trentaine de martyrs des Eglises, ainsi que d’un Mémorial des victimes des religions. Il est préfacé par Pierre Tournemire, vice-Président de la Ligue de l’enseignement et avec une introduction de Christian Eyschen, vice-Président de la Libre Pensée. Il joint l’utile (un cadeau) au nécessaire (la culture). 267 pages.

Prix public : 16€ + 4,16€ de frais de port = soit un total de 20,16€. A commander à la librairie de la Libre Pensée.

Il est recommandé par Humanisme, revue des Francs-Maçons du Grand Orient de France.

 (Mettre ici la couverture et les deux pages d’Humanisme)

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Le Volume IV – Tome 6 des Actes des colloques 1914-1918 de la Libre Pensée

« Colloque de Lyon (2017) »
Pétain : 1917 – 1940

Recommandé par le Mouvement de la Paix.

Voici le volume IV (Tome 6) des Actes du Colloque tenu à Lyon sur Pétain. C’est un ouvrage complet et complété qui fait suite aux trois premiers volumes déjà publiés. C’est une mine d’analyses et d’informations. 480 pages. Prix public : 18€ + 4,16€ de frais de port = soit 22,16€