La morale laïque, cela n’existe pas :

Comment pourrait-on l’enseigner ?
dimanche 9 septembre 2012
par  FNLP

Le ministre Vincent Peillon vient d’annoncer qu’il avait l’intention de faire dispenser des cours de morale laïque dans les établissements scolaires. Ceci pour apprendre aux élèves à bien se comporter en société.

Il existe une autre solution, bien plus efficace, pour empêcher les actes d’incivilités intolérables dans les établissements publics et dans la société : que les élèves soient suffisamment encadrés par des surveillants et instruits par un nombre suffisant d’enseignants.

Mais pour cela, il faudrait en revenir à une notion républicaine fondamentale : l’École n’est pas un lieu de vie, elle doit transmettre l’instruction. C’est comme cela que l’on peut former de futurs citoyens.

Il faut tourner le dos à la rigueur économique de l’Union européenne

Pour arriver à cette situation satisfaisante pour tous, il y a un impératif incontournable : en finir avec les diktats économiques imposés par les Institutions de l’Union européenne et sa « nouvelle » règle d’or des 0,50% de déficit non dépassables (TSCG) par rapport au PIB.

Au lieu de créer les milliers de postes nécessaires pour cela, le ministre Peillon tente une diversion : la solution serait l’enseignement d’une morale laïque. Comme le dit une certaine publicité : « cela ne coûte pas cher et cela pourrait rapporter gros ».

Il n’y a qu’une morale humaine

Les Églises ont coutume d’expliquer qu’il y aurait une morale transcendante de nature divine, qui fut dictée aux hommes. C’est le Décalogue, les fameux 10 Commandements reçus par Moïse. En l’étudiant, on s’aperçoit que les 3 premiers commandements ne sont pas de l’ordre de la morale, mais sont des dogmes d’obéissance absolue à un dieu. Dieu que l’on doit respecter et ne pas invoquer en vain. Il n’y a rien qui ait à voir avec la morale.

Les 7 autres commandements sont des règles de vie en usage bien avant le Décalogue et qui perdureront bien après. Il ne peut y avoir de société organisée sans respect des siens, du repos, sans bannir le vol, le faux témoignage et le meurtre entre autres. Il n’y a rien dans ces préceptes qui ait une dimension religieuse. Il s’agit du temps de l’Homme.

Comme il n’y a pas de morale « religieuse », il ne peut y avoir, en contrepoint, de morale « laïque ». Il existe dans toutes les civilisations une morale humaine qui varie avec le temps, mais qui repose toujours sur des exigences de vie en commun.

La laïcité, ce sont des institutions, pas une philosophie et encore moins une morale

Certains de droite comme de gauche, entendent, pour des raisons fort éloignées de la laïcité, la mettre à toutes les sauces. Il y aurait ainsi, une spiritualité « laïque », un esprit « laïque », une morale « laïque ». Souvent, les mêmes, entendent supprimer la frontière entre la sphère publique et la sphère privée pour mieux appliquer la « laïcité » partout et régenter, en tout temps et en tous lieux, la conscience et les comportements des citoyens.

Ils appliquent, en fait, à la laïcité, la définition théologique du Saint-Esprit : « le noyau est partout, la circonférence nulle part et l’Esprit souffle là où il veut ». Pour la Fédération nationale de la Libre Pensée, la laïcité ne s’applique qu’aux institutions politiques. C’est un mode d’organisation des institutions, de l’administration, des services publics.

En exigeant que l’État s’arrête où commence la conscience (Francis de Pressensé), la neutralité dans le domaine philosophique de la sphère publique garantit la liberté de conscience pour tous les citoyens. L’État n’a pas à avoir de point de vue en matière métaphysique, le citoyen peut en avoir un, quel qu’il soit. État théocratique ou État athée, ce sont les deux faces de la même médaille d’intolérance.

L’État n’a pas à diriger les consciences, sinon il s’agit purement et simplement d’embrigadement, à l’heure où en particulier, les jeunes subissent la violence des effets de la crise du système capitaliste. Ne serait-ce pas un des buts recherchés : leur faire accepter envers et contre tout les conditions qui leur sont faites ?

Victor Hugo, dans son célèbre discours contre la loi Falloux en 1850, avait dit : « Vous voulez mettre un curé, partout où il n’y a pas un gendarme ». Vincent Peillon voudrait-il mettre un « moralisateur de service », partout où il n’y a pas un policier ou un gendarme, car la baisse tendancielle du taux de curés et la RGPP se font cruellement ressentir ?

Il apparaît clairement que derrière cette proposition d’enseigner la morale dite « laïque », il y a bien d’autres intérêts en jeu et des pensées bien inavouables. La Fédération nationale de la Libre Pensée ne lâchera pas la proie pour l’ombre.

La solution contre les incivilités dans les établissements scolaires publics existe : rendre les moyens nécessaires à l’Enseignement public et « obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse » - Serment de Vincennes du 19 juin 1960.

Pour cela :
Il faut abroger la loi Debré qui prive l’Enseignement public
de 180 000 postes au profit de l’enseignement catholique !
Cela coûte 9 milliards d’euros détournés sur les fonds publics !

Avec la Libre Pensée :
Agissez pour l’abrogation de la loi Debré,
Mère de toutes les lois antilaïques !
C’est la seule défense de la laïcité qui vaille !

Paris, le 9 septembre 2012

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