A propos du débat sur le voile islamique à l’Université :

Communiqué de presse
vendredi 16 août 2013
par  FNLP

A propos du débat sur le voile islamique à l’Université : La Libre Pensée exige le respect des franchises universitaires !

Le Haut Comité à l’Intégration, qui est politiquement actuellement en situation de coma dépassé, a cru devoir, une nouvelle fois, jeter une pierre antimusulmane dans le jardin de son strabisme « laïque ». Pour le HCI, tout ce qui peut ressembler à un palestinien, arabe, musulman doit être vilipendé et voué à la Géhenne. Coutumier du fait, l’action du HCI ne vise visiblement pas à trouver des solutions, mais plutôt à favoriser les affrontements communautaristes. C’est pourquoi, la Fédération nationale de la Libre Pensée l’a dénommé à plusieurs reprises « le Haut Conseil à la désintégration républicaine. »

Une nouvelle fois, on nous ressort la question du voile islamique et là, à l’Université. Pour la Libre Pensée, il ne saurait y avoir qu’un type d’université : publique et républicaine en conformité avec la loi de 1880 qui n’autorise le titre d’Université qu’aux facultés de la République. Et cela impose le monopole de la collation des grades qui interdit, malgré le processus de l’Union européenne dit « de Bologne », d’attribuer le titre de diplômes d’Etat à des « certificats » de type religieux, patronal ou privé.

Dès que les Universités ont pris une place importante, se détachant de l’emprise du pouvoir royal et religieux, dès le Moyen-âge, ont été conquises les franchises universitaires qui ont voulu faire des universités un havre de paix, de recherche et d’étude. Ces libertés démocratiques ont été les moyens et le corollaire de la libre recherche dans les études.

Ce sont ces franchises universitaires qui interdisent l’entrée des forces de police dans les facultés. Celles-ci ne peuvent pénétrer dans les facultés qu’à la demande expresse des responsables de l’Université. Les questions de discipline et d’interdits sont réglées par la franchise juridictionnelle interne aux universités qui organise la légalité du pouvoir disciplinaire.

Vouloir interdire le port de vêtements religieux, ou autres, au sein des universités ; c’est remettre en cause une liberté démocratique pluri-centenaire. C’est attentatoire aux libertés universitaires. C’est la porte ouverte pour l’entrée des forces de police dans les campus pour « contrôler l’application des lois ». Rappelons qu’un régime s’est particulièrement distingué par la remise en cause des franchises universitaires : celui du généralissime Franco en 1968. Triste référence pour nos liberticides antimusulmans aujourd’hui.

Le retour de Raymond Marcellin

Cela a toujours été une préoccupation des Ministres de l’Intérieur de surveiller, contrôler, réprimer les étudiants. S’il est un modèle qui semble « inspirer » l’actuel Ministre de l’Intérieur, c’est, sans doute, plus celui de Raymond Marcellin [1] que celui de Nicolas Sarkozy. On a les modèles que l’on peut. Toute interdiction d’une liberté pour quelques-uns, c’est toujours une interdiction qui finira par s’imposer à tous.

Le Ministre actuel de l’Intérieur est lui aussi victime d’un curieux strabisme politique. Il a été saisi à plusieurs reprises par la Fédération nationale de la Libre Pensée sur le problème des gendarmes qui sont quasiment contraints de participer, es-qualité et en uniforme, aux cérémonies religieuses pour la plus grande gloire de sainte-Geneviève et rien n’a changé. De même, le Ministre n’a toujours pas supprimé les dispositifs antilaïques des conférences départementales « sur la liberté religieuse » mise en place par son prédécesseur de droite.

Malgré des demandes réitérées de rencontre sur ces deux problèmes, Manuel Valls refuse toujours de recevoir la Libre Pensée. Sa préoccupation essentielle semble donc être l’Islam où il manie un jour la carotte au moment du Ramadan et tous les autres jours, c’est le baton.

Il serait utile que les pouvoirs publics tirent un véritable bilan de tout l’arsenal liberticide en direction des musulmans pour s’apercevoir que l’on va droit dans le mur des affrontements communautaristes et que toutes les lois, décrets et règlements contre les vêtements dits « religieux » sont totalement contreproductifs.

La seule solution : le respect intégral de la loi de 1905 !

Il est plus que temps de revenir à la notion de stricte Séparation de la sphère privée et de la sphère publique par une réelle application de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat.

Le respect absolu de la liberté de conscience par les pouvoirs publics est une exigence démocratique, républicaine et laïque qui, seule, peut nous éviter les affres des affrontements communautaristes fomentés par des liberticides honteux. C’est le sens de l’action de la Libre Pensée.

Pour la défense de la loi de 1905 et la laïcité institutionnelle

Pour la liberté absolue de conscience : Respect des Franchises universitaires !

Paris, le 12 août 2013

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[1(1914-2004). D’abord lié au régime de Vichy, décoré de la Francisque, il entre ensuite dans la Résistance, comme bien d’autres. Occupe sous l’IVème et la Vème République des postes de secrétaire d’Etat et de ministre. Il est notamment ministre de l’Intérieur de fin mai 1968 à février 1974 sous les gouvernements Pompidou, Couve de Murville et Chaban-Delmas. Pompidou lui confie le soin « de remettre de l’ordre » après les événements de 1968. Il dissout les organisations d’extrême-droite comme d’extrême-gauche (c’est surtout les secondes qui sont visées), il est surnommé « Raymond la matraque ». Notons qu’il est parmi les premiers à s’attaquer au nombre prétendument « trop important » de communes en France.


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