Massacre dans le fort St Jean

Conférence de Jean marc Schiappa
samedi 22 octobre 2011
par  ALPMR

La conférence de Jean Marc Schiappa le 22 octobre 2011 rue Sénac s’est tenue devant une salle bien remplie, ce qui prouve que L’APLMR, la Libre Pensée et le talent de l’orateur permettaient une synergie de résistance aux tentations du samedi après midi sous les auspices fortuites et cocasses d‘un diablotin de Halloween côtoyant la fleur violette de la Libre pensée.

Les accueillants et les participants ont réagi aux thématiques développées par l’auteur, dont il n’est pas question ici de résumer le propos, compte tenu de l’engagement qu’il a pris de nous confier sous peu l’intégralité de sa copie. Il serait difficile d’ailleurs de trier dans ce flot continu d’érudition assorti d’un sens critique et d’une facilité d’actualisation des exemples données, tant en ce qui concerne l’histoire des jacobins, les anecdotes relatives aux gens de 89 et aux acteurs du 9 Thermidor et la dénonciation des ambiguïtés de nombre d’historiens et de nos contemporains, y compris ceux qui sévissent dans les principaux médias nationaux.

Ce qui est certain, c’est qu’on ne sort pas d’une telle intervention en prenant des vessies pour des lanternes. L’histoire du jacobinisme est passée au crible ainsi que les mensonges de ses détracteurs qui ont caricaturé les positions des jacobins par exemple en matière d’esclavage ou de droit des femmes. Le tout analysé en tenant compte de la férocité de l’époque : on gagne à savoir que Robespierre a recueilli de grands éclats de rire lorsqu’il a proposé l’abolition de la peine de mort ou que lors de la même séance de l’Assemblée où la parole lui était refusée l’un lui reprochait d’avoir protégé Danton et l’autre de l’avoir exécuté.

L’orateur a su agrémenter son propos en énumérant nom après nom les contradictions des détracteurs des jacobins, soulignant que certains ont pris l’initiative de massacres de leur seul fait, et que la cruauté n’a pas de camp. Il a posé une problématique humaniste de la violence qui n’hésitait pas à citer Jean Jaurès. Au-delà, le sujet s’élargit de toute façon si l’on s’interroge, au-delà des sophismes contemporains, sur la problématique des massacres, le sort d’un enfant juif pendant la guerre et celui d’un enfant russe ne permettant pas de poser l’équation communisme égal fascisme.

Cette conférence appelait de nombreuses questions sur la valeur des experts et sur les dérives d’une histoire contemporaine qui, dès l’enfance, habitue les enfants à l’énoncé d’une nouvelle fatalité sans repères chronologiques et, ce n’est pas le conférencier mais le rédacteur qui le dit, sans l’ascension vers la lumière chère à Victor Hugo.

C’est sûr que nous ne pouvons savoir quand cette gigantesque remise en cause de toute révolution et de toute évolution que nous vivons prendra fin. En l’attente il est important de continuer le travail qui permet de ne pas oublier les faits et les hommes, de ne pas laisser le flou s’instaurer dans la mémoire, bref d’y voir clair. » Nous ne sommes pas condamnés à vivre dans ce monde tel que nous le vivons.

Jean Pierre Raguséo