Impertinent N°144
par

Editorial
Le général Mandon Chef d’État-Major des Armées (CEMA) a déclaré officiellement devant l’Association des Maires de France : « il faut accepter de perdre nos enfants ».
La responsabilité d’Emmanuel Macron est engagée puisque de par la constitution de la 5e République, le président de la République est le chef des armées.
On se rappelle les tentatives répétées pour mettre en place un Service National Universel (SNU) qui a été un flop magistral. Le Service National Universel avait été présenté au début comme un appel au Volontariat, puis un peu plus tard l’objectif annoncé était de concerner toute une classe d’âge, filles et garçons.
Il y a eu des marches et des contremarches, des déclarations du président de la République, des Premiers-Ministres successifs qui se contredisaient l’un l’autre, qui se contredisaient soi-même de temps en temps. Ça a coûté une fortune et il y a eu si peu de « volontaires » qu’il leur a fallu arrêter. Ce qui a tué le SNU, c’est principalement le refus de la jeunesse d’y participer, la mobilisation des pacifistes, antimilitaristes et internationalistes a compté dans l’affaire.
Ils ne renoncent pas à la militarisation de l’économie, de la jeunesse et de la société entière. Macron reste sur sa ligne : « pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée, des troupes au sol », mais « en dynamique, rien ne doit être exclu » disait-il en février 2024. Face à la réaction populaire, il déclarait, quelques jours plus tard refuser « d’entrer dans une logique d’escalade » pour ensuite pousser à l’escalade en toute circonstance. Macron déclarait il y a peu que « la Russie est un danger existentiel pour la France ».
Macron lance aujourd’hui un projet de Service National, complément indispensable à la militarisation de l’économie dans le cadre de la marche à la guerre pour laquelle il faudrait accepter de perdre nos enfants.
Certains disent qu’il s’agit « d’un service national facultatif, par volontariat, d’intérêt général, formateur pour les jeunes… ». Les mêmes disent aussi que ça va être « strictement militaire » que « les jeunes n’interviendront pas à l’étranger »
Strictement militaire par définition ça veut dire les armer en prévision d’intervenir dans une guerre qui ne se limiterait certainement pas au territoire national. Des troupes françaises sont déjà présentes en Roumanie par exemple. De plus, dans le cas d’une escalade guerrière tout le monde sait bien que les obus et les missiles ne s’arrêtent pas à la frontière, les drones non plus.
Ils annoncent un objectif de 3 000 jeunes, pour rapidement passer à 50 000, en fait ils espèrent que ça sera tout le monde. Ils cherchent à augmenter les crédits pour l’industrie de guerre et porter le budget de la défense de 2% à 5% du PIB, alors qu’il y a des « déficits abyssaux » nous dit-on. Tant et si bien qu’ils s’en prennent aux retraités, aux étudiants, aux malades, à ceux qui touchent le RSA, aux immigrés …
Les tentatives de faire encadrer la jeunesse par l’armée, jusque dans l’école, ce serait, prétendent-ils, pour établir ou rétablir « la cohésion du pays ». Ce qui disloque « la cohésion du pays » c’est liquider les prestations sociales, les hôpitaux, fermer les écoles, les maternités, c’est la multiplication des lois antidémocratiques des Macron, Darmanin, Retailleau.
L’avenir qu’il prépare à la jeunesse et à la population, c’est la guerre et son cortège de crimes et de souffrance, la remise en cause des conquêtes sociales et au bout, la misère généralisée.
Nous ne doutons pas que la jeunesse et la population vont se dresser contre cette barbarie avec au premier rang les militants de la démocratie et de la paix qui cherchent à se rassembler pour lutter contre cette marche à la barbarie, cette marche à la guerre.
Nous n’avons pas à choisir entre les oligarques russes de Poutine et le régime corrompu de Zelenski en Ukraine. Nous n’avons pas à passer sous silence l’affreux génocide commis à Gaza par l’armée israélienne. Nous choisissons l’entente entre les peuples, l’arrêt des massacres, la paix.

