Délinquance, terrorisme, santé : libertés et droits fondamentaux en péril
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Fruit de la division du travail, s’élevant au-dessus de la société traversée par les conflits de classes, l’État devient plus complexe au fur et à mesure que se développent les forces productives. L’État bourgeois, dont les premiers linéaments se sont affirmés au cours de l’Ancien Régime lorsque le capitalisme était en gestation au sein du vieux monde féodal fondé sur la rente foncière, est infiniment plus compliqué qu’aux stades antérieurs de la société, notamment parce qu’il doit, à la différence de celui propre aux époques précédentes, aider la bourgeoisie à « révolutionner constamment les instruments de production », comme le note Marx dans Le Manifeste du parti communiste. En dépit des aspirations des idéologues bourgeois libéraux qui privilégient les régimes démocratiques et réclament à cor et à cri moins d’État, celui-ci tend même à devenir tentaculaire et parasitaire, voire totalitaire, à l’époque du capitalisme et de l’impérialisme. Il se caractérise même par l’hypertrophie des moyens nécessaires à l’exercice de la violence, dans la période de guerres, de révolutions et de contre-révolutions qui agite le monde depuis que le mode de production capitaliste a cessé d’être le ressort, sans cesse en mouvement, du progrès de l’Humanité à l’échelle de l’histoire. La boucherie de 1914 à 1918 a inauguré le cycle de la barbarie à l’échelle mondiale, alimenté par l’excroissance des industries d’armement et la mutation du capitalisme industriel en capitalisme financier parasitaire et incontrôlable depuis 1929. Un siècle plus tard, la situation n’a pas fondamentalement changé.

