Cahier N°23 ; Enfin, une place à Marseille en mémoire de Louise Michel.
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Le 20 janvier 1905, à la gare Saint Charles, au départ du train pour Paris, des milliers de marseillais étaient présents pour saluer le cercueil de Louise Michel. Lors de son enterrement, des hommes célèbres tels que Clovis Hugues ou Marcel Sembat, saluèrent sa mémoire. Des hommes dont on retrouve les noms sur les plaques de nos rues, comme Victor Hugo qui admirait la force de caractère de Louise Michel et qui plaida pour que la République renaissante vota l’amnistie en faveur des communards déportés en Nouvelle Calédonie, parmi lesquels justement Louise Michel. Cette femme mena plusieurs vies dont l’unité est forgée par le souci permanent de ne pas accepter l’injustice. Elle créa en 1871, un corps d’ambulancières pour soigner les blessés. Elle exerça la fonction d’institutrice. A Montmartre, pendant la Commune, elle fut, sous la mitraille, la maîtresse d’une classe de 150 petits poulbots. Déportée à Nouméa, le maire de la ville lui confia l’enseignement du chant et le 14 juillet 1980, lui demanda de chanter la Marseillaise. Elle enseigna les enfants des canaques, en dépit de tous les préjugés et les intérêts financiers de l’époque. Louise Michel se distingua également, fin des années 1890, en luttant contre l’antisémitisme, en faveur du capitaine Dreyfus. Son engagement pour la « cause socialiste » et pour l’anarchisme, l’amena à comparaître lors de procès retentissants et à connaître plus d’une fois la prison. En retour, lorsqu’un royaliste assumé lui tira plusieurs coups de revolver à la tête, elle demanda lors du procès qui suivit la remise en liberté du coupable. Jamais elle n’accepta de grâces ou de passe-droit et revendiqua toujours la responsabilité de ses actes. Elle n’ignora aucun aspect de la vie. Elle écrivit des pièces de théâtre dont certaines eurent du succès. Elle ne garda pas les droits d’auteur pour elle mais en fit profiter ceux parmi les plus démunis. Elle fréquenta les poètes de son temps, Verlaine, Mallarmé, Rimbaud...et fit également des conférences sur des sujets littéraires. Sa mémoire, aujourd’hui, est revendiquée par de nombreuses traditions différentes qui participent de l’histoire de notre pays.
Editeur : coédité par l’Association Laïque Pour la Mémoire Républicaine dans les
Bouches du Rhône (ALPMR-13) et les Cahiers Pythéas
Nb pages : 32
Prix : 2.00 €

