Impertinent N°126
par

Editorial
Pourquoi la Libre Pensée fait-elle, chaque année, un banquet fraternel « Tête de Veau » ?
Il y a 230 ans, Louis Capet, fut condamné par la Convention pour avoir conspiré contre la patrie lorsqu’il était encore chef de l’État.
Condamner le ci-devant roi Louis XVI, c’était dire que de tout temps le peuple est juge de ses princes.
Il était monarque absolu de droit divin, il croyait que « tout pouvoir vient de Dieu »,. Sa monarchie était absolue. La Révolution française le fut aussi : Tout pouvoir vient de la souveraineté populaire.
C’est la monarchie de droit divin qui a été envoyée sur l’échafaud. Le 21 janvier 1793. C’est la décollation de Louis Capet qui a rendu possible toutes les autres séparations, et notamment celle de 1905
Voilà pourquoi, chaque année, nous réaffirmons l’actualité de cette décollation Pour nous, cette page d’histoire n’en finira jamais de s’écrire au présent, tant qu’il se trouvera des gens pour croire que l’État leur appartient, des gens qui penseront que la loi est faite pour les autres, des gens pour qui le 21 janvier 1793 est toujours un cauchemar.
Dans la 5e République, l’élection du Président de la République au suffrage universel en fait une monarchie élective. Le changement périodique de président n’est qu’un ravalement de façade, une parodie de souveraineté populaire.
Aujourd’hui, Madame Véto s’appelle Madame 49-3. Il s’agit de démanteler les différentes branches de la Sécurité Sociale, notamment l’Assurance-chômage et les retraites.
Aujourd’hui, chacun voit le Parti du désordre, les dévots de la Finance, le chœur des biens-nés chantant des cantiques à la gloire des racines chrétiennes, du drapeau marial et de l’Union sacrée.
Aujourd’hui il ne reste plus que la réalité d’un pouvoir absolu, fanatisé, qui n’a pas d’autre boussole que la destruction systématique de ce qui reste de cadre républicain, laïque, démocratique et social dans ce pays. Les dispositions répressives de la Loi Séparatisme et de la Loi Sécurité Globale vont sans doute abondamment servir dans les mois à venir, car elles sont ce qui reste à un pouvoir monarchique sous les pieds duquel le sol commence à se dérober.
Le pouvoir abandonne de plus en plus ouvertement son républicanisme de façade.
Il n’y a plus un parti contre un autre, il y a le peuple et il y a le pouvoir. Il y a un peuple qui n’a sans doute pas encore trouvé sa volonté, mais qui sait déjà qu’il en a une, qui attend de surgir. Tout pouvoir vient-il de Dieu, de Bruxelles, de Washington ou des marchés ? Non : Tout pouvoir vient de la souveraineté populaire. Place au peuple !
Le banquet sert à ceci : se rappeler l’Histoire c’est préparer l’avenir.
Henri Huille

