Non au Délit de Blasphème !
International
Association of Free Thought
Association
Internationale
de Libre Pensée
Asociación
Internacional de Libre Pensamiento
Ibtissame
Lachgar, condamnée à
trente mois de prison au Maroc pour avoir porté un T-shirt portant
l’inscription
« Allah
is lesbian »
Non au Délit de
Blasphème !
L’AILP
réclame sa libération immédiate !
La
Militante marocaine Ibtissame (Betty) Lachgar,
actuellement
détenue à la prison El-Arjate, dans la banlieue de Rabat, a été
condamnée en
septembre 2025 par le Tribunal de Rabat à une peine de deux ans et demi
de
prison en vertu de l’article 267-5 du Code pénal qui sanctionne
les atteintes intentionnelles à la Religion musulmane, aux symboles
religieux
ou à la divinité par des propos ou publications publiques, avec des
peines
allant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et une amende de
500 000 dirhams[i]
Il
lui a été
principalement reproché d’avoir posté sur internet une photographie
(prise à
Londres) sur laquelle elle portait un t-shirt avec l’inscription « Allah is
lesbian »
(Allah
est lesbienne).
Le même t-shirt est actuellement en
vente libre sur internet !
L’Association
Internationale de la Libre
Pensée, qui a une Représentation permanente au Comité des
Droits de
l’Homme de l’ONU et aussi à l’Organisation Internationale du
Travail
(OIT) rappelle que, dans une Démocratie authentique, le Blasphème
est une notion propre et interne à chaque religion et ne concerne que
les Institutions
religieuses et les Croyants qui s’y réfèrent et ne saurait interférer
dans le
Gouvernement des Sociétés, car cela concerne la Liberté de
Conscience de
chacun. Toute Législation qui impose une croyance ne peut être
qu’antidémocratique
dans sa nature et son essence et cela s’oppose à la Liberté
d’Expression.
La
situation d’Ibtissame,
dite Betty,
s’inscrit
dans la tradition
multiséculaire répressive des Religions monothéistes,
comme à la
condamnation et à l’exécution pour blasphème et sacrilège du Chevalier
de la Barre
en 1766 à Abbeville
(Somme), pour ne pas avoir ôté son chapeau lors d’une procession, pour
avoir
chanté une chanson « impie »
et possédé un
livre de Voltaire.
Elle
n’en était pas à sa première revendication pour la Liberté de
Conscience
et d’orientation sexuelle. C’est une récidiviste de la Liberté de
Conscience.
En
2009, elle avait été cofondatrice, au Maroc, du Mouvement Alternatif
pour les Libertés
Individuelles (MALI) dont plusieurs membres furent arrêtés pour
avoir
tenté d’organiser la même année un pique-nique en forêt durant le mois
de
ramadan. Revendiquant le droit d’être Athées et de ne pas pratiquer les
obligations imposées par la Religion musulmane aux citoyens marocains
considérés
tous comme Musulmans, dès lors qu’ils ne sont pas affiliés à une autre
religion
(Juive ou Chrétienne) reconnue par l’État, ces membres du Groupe
MALI
voulaient rompre publiquement le Jeûne du Ramadan, un délit
puni par la
loi. Le pique-nique « mécréant » n’a pas eu lieu, la
police
ayant arrêté les aspirants dé-jeûneurs avant qu’ils puissent se réunir.
En
2018, elle s’était exprimée lors d’un Colloque international réuni à
Londres,
sur le thème « Sharia, Segregation and Secularism »[ii].
« La liberté c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement »
Rosa Luxembourg
L’AILP
réclame sa libération,
Il s‘agit de la lutte pour l’abolition du Délit de Blasphème et pour la
liberté
d’expression.
Genève, le 19
avril 2026
Un
ouvrage utile à la compréhension des choses et des faits
Comme l’analyse clairement Thomas Bauer dans son remarquable
ouvrage « Culture
de l’ambiguïté, une autre Histoire de l’Islam » (Par
« ambiguité »,
il faut comprendre le contraire de « univoque »), la
question
du Blasphème en Terre d’Islam est en fait un produit du Colonialisme
Occidental
(voir dans la revue de la Libre Pensée Sapere Aude N°8,
téléchargeable gratuitement sur : https://www.calameo.com/read/003742301a15f66a25f4f) :
« L’histoire de l’Islam,
dans sa presque totalité, montre une très nette « Séparation
de
l’autorité spirituelle et de l’autorité politique ». Les
souverains
Musulmans ne se mêlaient presque jamais des discussions entre
Théologiens, et
s’ils parvenaient à gagner à leur cause un Mufti qui leur délivre un
certificat
de complaisance, cela ne signifiait pas pour autant que les autres
savants
acceptaient une telle Fatwa. Quant à l’influence des Souverains
sur la
définition des dogmes ou des ahkãm en Droit musulman, elle
était
inexistante, tandis que de leur côté, les Théologiens
cherchaient en
règle générale à se tenir aussi loin que possible de la politique. […]
Passées les guerres civiles
des premiers temps, il n’y eut plus de guerres de religion comme en
Europe.
Certes, les luttes de Pouvoir furent nombreuses, mais elles furent
rarement
motivées par des Raisons religieuses, même si, de temps à autre, la
légitimation
religieuse fut invoquée. […]
Dès le XIVe siècle, il y
avait dans le Monde musulman des Souverains qui ne se voyaient
pas comme
des Chefs religieux, et se référaient dans l’exercice de leur pouvoir à
des
critères purement profanes ; mais il y avait aussi des écrits
formulant de
façon théorique des conceptions séculières de la politique et du
pouvoir […]
Il est vrai que le Monde
musulman a
toujours fait la différence entre dîn (la religion) et dunyã (le
monde), mais cette opposition est perçue différemment de celle
prévalant en
Europe où le droit, la politique, la médecine, la littérature, etc. ne
sont
parvenus à se différencier en tant que sous-systèmes autonomes de la
société
qu’après s’être libérés de la domination des Églises et de la
religiosité
institutionalisée : la différence entre Religion et Société est,
dans ce
cas, fondamentale. Dans le Monde musulman, il n’y a pas d’Églises
qui
détiennent la souveraineté en matière de religion. »
[i] Le
Monde, 17 mars 2026
